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 sylasiane ❝ RINSE AND REPEAT ❞

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Sylas Hoaxley-Young
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siane callaghan
rinse and repeat

how to be a monster:
1. learn the taste of dirt and pain.
2. teach it to others till your knuckles bleed.
3. see if that makes it easier to breathe.


Depuis qu'Alexis lui avait parlé de l'homme qu'il avait été avant qu'il ne lui demande de lui retirer la mémoire, Sylas avait essayé de trouver là où il pouvait des témoignages. Ça semblait idiot. En fait, rien que d'y penser, Sylas se sentait complètement idiot — qui faisait ça, sérieusement? Mais le vide à l'intérieur de sa tête lui faisait tellement peur. Ce que lui avait dit Alexis lui faisait tellement peur. Celui qu'il avait été lui faisait tellement peur. Il se rendait compte maintenant de toutes les petites incohérences de la dernière année à Poudlard telle qu'il l'imaginait jusqu'alors; tous les petits détails faux; tous les souvenirs... erronés. C'était étrange de ne pas pouvoir s'appuyer sur quoi que ce soit, surtout pas sur soi. Ça renforçait son impression intime que tout était... faible et fade. Qu'on ne pouvait compter sur rien, si ce n'était sur lui, si ce n'était sur Aleksander, son frère son mentor son héros.

Il traînait sa carcasse à St. James comme un fantôme. Il regardait toujours le sol, comme s'il étudiait les dessins somptueux des tapis et des fissures du carrelage; il rasait les murs aussi, comme une âme en peine, le bruissement de son sweat sur la pierre le seul bruit qu'il manifestait. Des fois, il croisait un visage connu. Un ancien élève de Poudlard, quelqu'un qu'il avait connu sur le Chemin de Traverse; il hochait sèchement la tête, sans dire un mot, avant de continuer son chemin. L'endroit était suffisamment grand pour s'y perdre. Oh, évidemment, ce n'était pas Poudlard; mais le manoir avait la saveur du cottage en campagne que possédaient ses parents, dans lequel ils passaient leurs étés. Sylas se demanda pour la première fois depuis des mois ce qu'il en était advenu, et de leur maison à Chelsea. Quelque part en Angleterre, l'argent moldu de sa famille reposait et pourrissait; leur histoire et leur sang (de boue, se rappela-t-il, de merde, de bourbe) oubliés. Il repoussa ces idées de son esprit.

Il était encore tôt et il n'y avait pas grand monde dans les couloirs ou le salon. Son carnet et son crayon sous le bras, il ouvrit la porte principale du manoir pour s'asseoir sur les marches du perron, un endroit qu'il affectionnait tant, observant les grandes plaines calmes et vertes du Wiltshire. Il pouvait apercevoir le cocher de l'église du village non loin et il aurait volontiers croqué le paysage sous ses yeux s'il en avait eu la force. Les cloches sonnèrent sept heures et il releva le nez de sa feuille blanche pour oublier le vide et se concentrer sur la vie.

Des buses s'envolèrent en croissant, les nuages se dégagèrent pour montrer la face timide du soleil, il y avait quelque chose de magique et de désagréable dans l'air. Il compta les silhouettes des oiseaux dans le ciel et ramena à lui ses connaissances de Divination, sans grand succès. Sylas se souvint brutalement de la date. On était le deux mai, et ça faisait deux ans que Voldemort était mort. Il sentait encore la fumée dans ses narines, le jour où il avait rencontré Aleksander sur le champ de bataille. Il se souvenait des cadavres, par dizaines, par centaines, amis ou ennemis. Il se souvenait du sang, de l'odeur, de ses yeux qui pleuraient, de sa main crispée et égratignée autour de sa baguette. Il se souvenait aussi de l'adrénaline, l'impression d'avoir un poids dans la poitrine; et l'énergie, l'énergie incompréhensible qui le prenait, son corps comme un élastique qu'on aurait tenu trop longtemps.

Il se souvenait surtout de l'après-coup. Le décompte des victimes. Les cris, les pleurs dans la Grande Salle qui avait accueilli ses plus merveilleux rires. La tristesse qu'il avait emmagasinée pendant un an, un an entier depuis la mort de ses parents, qui était revenue comme un boomerang en pleine face. Il se souvenait avoir pensé qu'il aurait mieux fait de mourir. Que ce n'était pas une vie à vivre, orphelin si jeune. (Il se souvenait aussi des bras autour de ses épaules. Des étreintes, des baisers, des touchers, des mains dans les siennes. La Maison Serdaigle devenue sa Famille; la Colère Injuste devenue sa Tutrice. Il se souvenait s'être affaissé devant le cadavre de son meilleur ami, et il se souvenait avoir pleuré toutes les larmes de son corps.)

Il fut interrompu dans ses pensées par une silhouette se dessinant à l'horizon.

Elle remontait le petit chemin de terre — mal entretenu, maintenant gangrénée de touffes d'herbes — menant au manoir péniblement. Sylas n'avait jamais demandé ce qui se trouvait par-delà le chemin; si il menait directement à un village ou juste à une ligne nationale automobile. Il aurait bien aimé se lever pour courir et y aller mais il avait l'impression que toute énergie avait quitté son corps.

La silhouette se rapprochait progressivement et bientôt, Sylas put la reconnaître sans problème. C'était Siane. Il avait un souvenir étrange d'elle. Une sorte de colère et de défiance et de vexation. Quelque chose de trouble, et il comprit rapidement que c'était parce que les souvenirs qu'il avait d'elle étaient intimement liés à Alexis. Donc inaccessibles. (Il eut soudainement envie de se battre. Contre lui et contre elle. Elle avait une tête qui lui donnait envie de se battre. Envie de lui faire payer tout ce qui s'était passé dans sa vie depuis deux ans, depuis trois ans. Il avait envie de se laisser aller, complètement, à l'étreinte du démon qui le bouffait de l'intérieur, et de ne jamais en revenir. Il resta immobile sur les marches jusqu'à ce qu'elle soit à sa hauteur.)

Callaghan, ” la salua-t-il d'un ton frais. Sylas la regardait pourtant avec ses grands yeux verts, l'air d'attendre quelque chose. Il avait l'air de vouloir dire quelque chose, mais de ne pas savoir comment le formuler. “ Je pensais justement à toi. ” Il y eut un fantôme de sourire sur sa lippe, alors qu'il tendait le bras pour pointer du doigt les buissons délimitant le jardin du manoir, qui s'agitaient suspicieusement, encore plus maintenant que leur attention à tous les deux était portée sur eux. “ Il y a des gnomes, ” dit-il dardant à nouveau son regard vers l'ancienne Gryffondor. Puis il répéta, lentement, alors que son crochet de sourire revenait tournementer ses lèvres: “ Ça m'a fait penser à ta tête.

Spoiler:
 


I do not tolerate a world emptied of you. I have tried. For a year I have called every black tree your name; I have looked for your face in the patterns of the ice. In the dark, I have pored over the loss of you like pale gold.
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Siane Callaghan
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sylas & siane


Il y avait un traître dans les rangs de la Résistance. Se douter que cela pouvait se produire un jour et qu’ils devaient donc garder l’œil ouvert était une chose, avoir la confirmation que quelqu’un parmi eux travaillait pour Ehren Eberhart en était une autre. Siane ne voulait penser à personne, elle ne pouvait pas imaginer que ces personnes avec lesquelles elle vivait depuis maintenant deux ans pouvaient être des traitres. Maxim avait été entre leurs mains pendant des mois, Aleksander et Sylas plus encore, Alexis avait disparu pendant un moment, sans donner de nouvelles à qui que ce soit, Léna, Jehan et Nathan aussi, avaient été capturés et torturés. Tous pouvaient les avoir trahis, ou ça pouvait être quelqu’un d’autre encore, une personne qu’ils ne soupçonnaient absolument pas. Kelyan, Drago, ou encore Arod, qui les avait rejoints récemment. Siane n’arrivait plus à dormir depuis qu’ils avaient réalisé qu’on leur avait tout volé. Le remède fonctionnait et les Marqués étaient sauvés, cette pensée l’avait soulagée, pour Hermione et Duncan surtout. Mais Eberhart s’était attiré les faveurs du peuple et par Merlin, quelqu’un les avait trahis. Réveillée vers cinq heures et demie du matin et incapable de se rendormir, la jeune femme avait décidé de ne pas insister et de se lever. En voyant la date, inscrite sur le calendrier de la cuisine alors qu’elle se servait un café, l’ancienne Gryffondor avait grimacé.
Le 2 mai. Deux ans plus tôt, ils comptaient leurs morts, versaient des larmes et s’accrochaient aux cadavres, désespérés d’avoir perdu tant de monde. Mais ils avaient aussi gagné. Voldemort avait été vaincu et ils savouraient la victoire et leur liberté nouvellement acquise. Siane se souvenait parfaitement de la bataille de Poudlard. Cette école qu’elle avait préféré fuir avec sa petite sœur et dans laquelle elle avait remis les pieds orpheline, mais prête à leur faire payer. Lorsque la journée s’était achevée, ils étaient tous épuisés, blessés, vidés. Mais ils avaient gagné.

Cette année, Siane avait le sentiment d’avoir perdu, totalement. Sur toute la ligne. Elle ne voulait pas découvrir qui les avait trahis, elle ne voulait même pas savoir qui avait pu faire une chose pareille. Elle ne voulait pas éprouver la même chose que lorsque Duncan avait massacré ses parents et sa sœur. Ce coup de poignard dans le dos, cette plaie béante dans sa poitrine. Cette sensation qu’on lui avait tout arraché, jusqu’à la possibilité de pleurer. Siane ne voulait pas découvrir qu’une personne en qui elle avait cru tout ce temps avait en fait agi contre eux. Incapable de tenir en place plus longtemps alors que personne n’était encore levé au Manoir, la jeune femme avait fini par remonter dans sa chambre pour se changer. Elle avait besoin de bouger, de faire quelque chose. Après avoir fixé sa baguette à sa cuisse, elle enfila un tee-shirt et un short. Elle noua ses cheveux en une espèce de chignon dont le seul but était de dégager son visage, puis mit une paire de baskets qu’elle laça correctement avant de sortir de sa chambre.
La jeune femme descendit les escaliers, traversa le salon et ouvrit la porte du manoir pour être immédiatement agressée par l’air frais du matin. Siane frissonna et glissa des écouteurs dans ses oreilles avant de presser le bouton « play » de son appareil qu’elle fourra dans sa poche, puis elle se lança sur le chemin de terre de la propriété. Bien vite, elle arriva à proximité du portail, qu’elle ouvrit, avant de se mettre à courir vers le village le plus proche.

Elle avait besoin de se vider complètement l’esprit et il n’y avait rien de tel pour Siane que de courir un moment avec de la musique hurlant dans ses oreilles. Elle courut jusqu’à ce qu’il cesse de faire nuit et que le soleil soit complètement levé, réchauffant un peu son corps, en plus de l’effort. Jusqu’à ce que les muscles de ses jambes la tiraillent et que son ventre crie famine. Elle prit donc le chemin du retour vers le manoir au pas de course, se mettant à marcher lorsqu’elle passa finalement le portail de l’immense propriété. Les joues rougies, de la sueur perlant à son front, Siane reprit son souffle avec l’impression d’avoir décrassé son corps et son esprit, chose qu’elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de faire depuis un moment. Elle avait tenu une forme olympique grâce au Quidditch et l’année qu’elle avait passée à fuir les rafleurs. Depuis qu’elle se trouvait à St James, l’ancienne Gryffondor avait parfois l’impression de s’encroûter. Son cœur reprit un rythme normal et elle leva les yeux en direction du manoir pour froncer les sourcils en y apercevant une silhouette. Un coup d’œil à sa montre lui indiqua sept heures du matin. Peut-être Sévan qui avait besoin de s’aérer la tête, lui aussi ?
En s’approchant, elle constata que ce n’était pas lui, mais Sylas. Siane lui adressa le fantôme d’un sourire en passant à sa hauteur, plus pressée d’avaler quelque chose et ne souhaitant pas vraiment parler à qui que ce soit, pas après ce qu’il s’était passé. « Callaghan, » fit-il et elle se figea, les sourcils un peu froncés. Ils avaient pourtant abandonné les noms de famille depuis un moment. « Je pensais justement à toi. » Il pointa les buissons du jardin du doigt et Siane se tourna, pour le suivre du regard, encore un peu ailleurs à cause de la course qu’elle venait de faire. « Il y a des gnomes, » poursuivit-il en la regardant et la jeune femme ouvrit la bouche pour répliquer… quoi ? Super, Sylas. C’est pas tellement mon taff, Sylas. Va jouer avec eux si tu t’ennuies, Sylas. Mais la trogne du jeune homme se fendit d’un sourire qui lui rappela de mauvais souvenirs. « Ça m’a fait penser à ta tête, » dit-il finalement.

Ah. Oh. Siane plissa les yeux et referma la bouche, ses lèvres ne formant plus qu’une ligne sévère sur son visage qui perdait peu à peu les couleurs que sa course avait fait apparaître. Au prix d’un effort surhumain, en se rappelant l’état dans lequel Sylas avait été quelques semaines plus tôt, l’état dans lequel il était encore, elle se retint de lui coller son genou dans la mâchoire. De lui plaquer la gueule contre une marche en pierre. Ce serait facile pourtant, ça ferait du bien. « C’est quoi ton problème, Sylas ? » fit-elle en insistant bien sur son prénom. « T’es tombé de ton lit ou ils ont fait fondre ta cervelle en plus de ravager ta gueule, là-bas ? » Il voulait jouer au con, pas de bol, elle était certainement la pire des deux. « T’as le droit d’être de sale humeur parce que t’as dérouillé là-bas, mais j’t’assure que t’as aucune envie d’me faire payer quelque chose dont j’suis pas responsable. T’as peut-être oublié, mais aux dernières nouvelles, on s’entendait plutôt bien. Si t’as envie de détruire ça, libre à toi, mais souviens-toi, j’cogne plus fort que toi, » fit-elle avec une grimace pour la silhouette amaigrie de Sylas. Alexis était peut-être heureuse de l’avoir retrouvé – encore que, apprendre qu’il avait tout oublié la concernant ne l’avait pas tellement enchantée – mais Siane n’avait pas confiance. Aleksander et lui faisaient irruption ici et deux semaines plus tard, le remède disparaissait ? C’était trop louche. Elle en avait marre d’être déçue, alors elle préférait encore accorder sa confiance trop tard, plutôt que trop tôt.


i'm up to no good
I cheated myself like I knew I would, I told ya, I was trouble. You know that I'm no good. Upstairs in bed, with my ex boy, he's in the place, but I can't get joy, thinking of you in the final throes, this is when my buzzer goes.  (⚡️) AWinehouse.
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Sylas Hoaxley-Young
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Siane n'était pas réputée pour être une fille calme.

Tout le contraire, vraiment. Elle était un feu ardent, et mordant; une tempête, un carnage, de la destruction. Il se souvient de ses poings trop forts, de ses mots tranchants. Il se souvient de ses regards méprisants (les pires), de ses regards supérieurs. Il se souvient d'elle aussi, avec une batte à la main, un Cognard prêt à détoner près d'elle. Il s'en souvient très bien. Elle a des yeux plein d'éclairs et des poings ensanglantés. (La ritournelle lui revient en tête. Siane Callaghan? Amie. Je crois. Je ne sais pas où elle est. L'espace d'un instant, un frisson sur son échine. Un spasme. Son cou qui craque quand il remue imperceptiblement la tête.)

La Siane Callaghan en face de lui est différente. Elle a l'air un peu fatiguée. Un peu plus vieille. Un peu plus triste. Il y a un orage dans son regard mais il n'est pas violent. Il est juste là, assourdissant et lourd et sombre. Sylas a envie de se lever pour qu'ils soient face à face et qu'il puisse un peu plus se pencher vers son oeil sombre.

Il a un sourire pendu sur les lèvres. Il essaie d'être sympathique. Autant qu'il savait l'être, quand il était plus jeune et plus con et moins bien et moins vieux et moins brisé et moins tordu mais un peu tordu quand même. Il se souvient de lui avoir envoyé des horreurs à la figure. Il se souvient qu'ils se sont battus, physiquement et verbalement, parfois sans raison, parfois à raison. Pourquoi aujourd'hui ce serait différent? L'orage dans les yeux de Siane s'assombrit. Sylas fronce légèrement les sourcils en voyant son expression tempétueuse se composer, et ça n'augure rien de bon, il est le premier à le savoir. « C’est quoi ton problème, Sylas ? » Sylas. Sylas. Son nom sonne comme une insulte sur sa langue. Il siffle et il crache. L'interpellé fronce un peu plus les sourcils. « T’es tombé de ton lit ou ils ont fait fondre ta cervelle en plus de ravager ta gueule, là-bas ? »

Il ne répond pas.

Mais ses yeux se froncent.

C'est plutôt subtil. Un instant il cligne des yeux et un instant il ne bouge plus. Sa bouche s'étire, le temps d'un spasme, sur sa joue. Une fossette s'y creuse, et puis disparaît. Son bras sursaute, comme si un muscle venait de se rétracter tout seul. Son poing est fermé. Il tremble. Ses phalanges sont blanches.

TU NE SAIS RIEN.

« T’as le droit d’être de sale humeur parce que t’as dérouillé là-bas, mais j’t’assure que t’as aucune envie d’me faire payer quelque chose dont j’suis pas responsable. T’as peut-être oublié, mais aux dernières nouvelles, on s’entendait plutôt bien. Si t’as envie de détruire ça, libre à toi, mais souviens-toi, j’cogne plus fort que toi, » Là, l'orage il est aussi dans l'oeil de Sylas. Il est comme avant. Il a les nerfs là, juste sous la peau, prêts à être découverts, et l'envie de lui sauter à la gorge et d'exploser et de lui arracher les yeux.

Le coup part trop vite. Un instant ils se regardent en chien de faïence, un instant Siane a fait un pas en arrière et Sylas a mal au poing et il y a des minuscules vaisseaux sanguins éclatés sur ses phalanges et il a les yeux écarquillés et son sang qui bat trop fort et trop vite à ses tempes. Il l'a eue par surprise et elle n'a pas eu le temps de répliquer ou d'esquiver ou de parer. Par réflexe, elle a accompagné le mouvement avec sa tête (il la reconnaît bien là, la fille guerrière) et a minimisé les dégâts; ce n'est que le début d'un bleu qui s'étale sur sa joue, même si le bord de sa pommette présente un peu de sang. Et si elle n'avait pas eu ce réflexe? Sylas sait que malgré sa maigreur qui fait mal au coeur, il aurait pu sincèrement lui faire mal.

Et il espère qu'il lui a fait mal, un peu quand même. Il ne faudrait pas qu'elle pense qu'il est faible. Ou lâche. Comment ose-t-elle, d'ailleurs? Il ouvre la bouche pour siffler quelque chose mais les mots ne viennent pas. On peut lire, néanmoins, les insultes qui défilent dans sa tête, dans ses yeux. Il veut parler et il n'y arrive pas et il doit cracher parterre, au pied de Siane, toujours sur le bois du perron de St. James, pour reprendre contenance. “ Tu parles pas! Tu parles pas de ce que tu sais pas! ” Ses poings sont toujours fermés le long de son corps. Le nom du monde est douleur. “ T'EN SAIS RIEN, OK? TU SAIS PAS CE QUE ÇA FAIT. TU SAIS PAS CE QUE C'EST ET T'OUVRES TA GRANDE GUEULE DE PUTE ALORS ARRÊTE, TU SAIS RIEN OK? TU COMPRENDS PAS, PERSONNE COMPREND, TU-- ” les mots lui manquent. Autre chose aussi. Peut-être la conscience qu'il n'est pas lui-même. Il pointe un doigt accusateur vers elle. “ Je sais pas, je sais pas ce que tu penses que c'était mais t'es loin du compte, Callaghan. Tu-- va te faire foutre, ok? VA T'FAIRE FOUTRE! ” Mais il n'ose pas lui tourner le dos, ou tourner les talons, ou s'enfuir en courant. Elle lui fait peur. Et son coeur bat si fort.

(Imperceptiblement, il descend sur ses appuis. Ses poings se serrent, non pas autour de son pouce pour éviter de le briser, mais jusqu'à la première phalange. Il grince des dents et penche la tête sur le côté, prêt à l'assaut. Il la connait. Osera-t-elle? Il est prêt à se battre. Jusqu'à la mort.)


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